Trop, c’est trop :
Non contente d'insulter les étudiants d'emmerdeurs, la direction de la MAISEL vient de décider, sans le moindre motif valable et sans aucune consultation des étudiants, de faire payer l'utilisation des machines à laver à hauteur de 3 euros par lavage. En effet, avant même d'avoir abordé ce sujet au CA et avec les représentants étudiants, elle a commencé à installer des machines au U5, qui seront payantes à partir de janvier et par la même occasion à passer des accords avec une entreprise privée. Ce qui augmente encore le coût de la vie pour les étudiants, notamment dans un contexte de hausse considérable des frais d'inscription. Nous ne pouvons pas accepter que la direction agisse dans la brutalité et nous mette devant le fait accompli !
La direction justifie sa décision par des gaspillages que feraient les étudiants lors de l'utilisation des machines. Or il se trouve qu'elle n'a jamais informé les étudiants sur ces prétendues dérives ni fait d'incitation à réduire les dépenses d'énergie, pour ce qui concernait spécifiquement des laveries. Les dépenses en eau, en électricité et en entretien sont comprises dans la redevance que nous versons à la MAISEL. De plus, les économies alors réalisées par la MAISEL ne seront pas reportées sur les loyers.
Après les laveries, quelles autres prestations deviendront à la charge des résidents ? L'électricité, la consommation en eau dans les chambres deviendront-elles aussi payantes?
Les loyers déjà trop chers :
Les loyers avoisinent en moyenne les 350 Euros par mois. Ce qui est bien plus élevé que les loyers des logements étudiants en général, surtout des logements CROUS, qui sont quant à eux beaucoup plus accessibles. De fait, les loyers de la Maisel sont au-dessus du prix réel d'entretien et des charges étant donné que l'Institut Télécom récupère de la Maisel environ 200 000 euros par an.
Or, il s'agit là de frais d'inscription indirects, les loyers servent alors en partie à financer l'Institut Télécom, qui ne reverse à nos écoles qu'une faible partie de cette somme, le reste allant à TELECOM Paris et Brest !
Les conséquences pour les étudiants sont là : difficulté à payer leurs redevances, obligation de se salarier et de facto mise en danger de leur scolarité. Ces difficultés-là ne vont qu'empirer avec ces nouveaux frais qui vont s'ajouter, et ce en particulier pour les étudiants étrangers, qui n'ont pas droit aux aides sociales et qui sont livrés à eux-mêmes pour suivre leur scolarité dans de bonnes conditions.
Nous souhaitons une réelle politique sociale à destination des étudiants dans le besoin - rappelons que l'école se veut d'accueillir un très grand nombre d'étudiants bousiers - qui peuvent prendre diverses formes comme celle de réductions de loyers pour ces derniers. Aussi, nous attendons une réelle cohérence entre la politique sociale que se targue de suivre l'école et les politiques menées par la direction de la Maisel qui en dépend partiellement.
Pour ce faire, les écoles et l'Institut Télécom, malgré ce qu'ils peuvent prétendre, ont une marge de manœuvre importante. Une prise de conscience de leur part est nécessaire.
Une politique sécuritaire aux frais des étudiants :
La direction a mis en place un système de vidéo surveillance très coûteux dont nous percevons mal l'utilité en termes de rentabilité. Environ 200 000 euros dépensés pour des caméras, c'est cela en moins pour aider des étudiants qui ont des difficultés pour se loger ou pour contribuer à la construction de nouveaux logements étudiants, qui manquent cruellement pour le cas de nos écoles. A ce sujet, la MAISEL nous prélève 2,5 euros par mois alors que le dispositif est déjà financé!
De plus, récemment, la direction a fait installer des caméras dans le foyer, à nouveau sans la moindre consultation des étudiants. Suite à la contestation de représentants étudiants et dès que l'inutilité de ce dispositif a été démontrée, la direction a dû se résoudre à retirer les caméras du foyer. De l'argent gâché car il a fallu mettre en place le câblage, payer le matériel et la main d'œuvre. Ce qui prouve bien que les décisions de la direction sont parfois illogiques et irréfléchies, et qu'un dialogue précédent des actions imposées de manière brutale et quelque peu autoritaire pourrait soustraire les étudiants comme la Maisel à des contraintes de temps perdu, d'argent gaspillé et de tensions inutiles.
Nous ne sommes pas par principe opposés à l'installation de caméras mais elles doivent satisfaire obligatoirement les critères suivants :
• Un accord préalable des étudiants
• Une justification claire et précise de la nécessité de telles caméras et des coûts de matériel, d'installation et d'entretien raisonnables et non-disproportionnés en comparaison aux objectifs recherchés (les frais du dispositif ne doivent pas être supérieurs aux coûts des vols et dégradations que les caméras sont censées éviter).
• Un respect de la vie privée de chacun (aujourd’hui, nous pouvons nous en féliciter, cela est garanti de part les conditions de visionnages des enregistrements établies et qui nous ont été communiquées).
Une atteinte aux droits des étudiants :
La direction a menacé récemment des étudiants d'expulsion en raison de nuisances sonores qui leurs étaient reprochées et ce en niant totalement la législation qui stipule l'interdiction formelle de procéder à des expulsions locatives durant la trêve hivernale, interdiction à laquelle la MAISEL n'échappe pas malgré son statut particulier d'association (article L613-3 du Code de la construction et de l'habitation relatif à la trêve hivernale).
De plus, la direction s'est octroyé le droit de fouiller selon son bon vouloir les chambres des étudiants. Pouvoir ainsi violer la vie privée et l'intimité de quelqu'un, c'est purement inacceptable dans un état de droit, où, pour pénétrer chez un individu, il faut l'autorisation de l'institution judiciaire et un motif bien précis.
La direction profite de son statut particulier pour déroger au droit commun et porter atteinte aux droits des étudiants.
Nous demandons donc :
• L'annulation de la décision de faire payer le lavage et de déléguer cette prestation à une entreprise privée.
• La mise à plat de la politique de vidéosurveillance avec accord indispensable des étudiants, qui sont les premiers concernés.
• L’annulation de l’autorisation faite à la direction de la MAISEL de fouiller arbitrairement les chambres des étudiants.
• L’interdiction d’expulsions d’étudiants, hormis dans des cas graves et exceptionnels dûment constatés par les représentants des étudiants, avec mise en place d’un système d’avertissement.
• Une politique sociale concernant les étudiants ayant des difficultés à payer leur logement.
• Enfin, une politique de dialogue et de concertation de la direction MAISEL.
Nous espérons que la direction saura entendre notre désaccord et agir en conséquence.
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