Demain ont lieu les élections à TEM et TSP. C’est pourquoi, sur ce blog, nous faisons un large aperçu de ce qui se passe sur le campus et de l’action des élus UNEF. Plusieurs sujets sont évoqués :
- La vie associative
- Le Comité de l’Enseignement
- Les projets des écoles
- Le RITS (restaurant scolaire)
- Le domaine social avec la victoire de l’UNEF qui obtent le maintien des APL pour tous les étudiants de France.
- La MAISEL
Quelque soit votre vote, venez voter demain sur le campus !
1) LA VIE ASSOCIATIVE
Régulièrement, des réunions ont lieu entre l’administration de l’école et les présidents des différentes associations de l’école, ainsi que le représentant des élèves, au sujet des différents événements associatifs.
A ce titre, nous tenons à rappeler que, selon nous, la vie associative est un élément fondamental de nos écoles. Tout d’abord elle permet aux étudiants un enrichissement personnel considérable qui faisait cruellement défaut pendant les années de prépa. Ensuite, elle constitue pour de nombreux étudiants associatifs un plus considérable pour leur formation de futurs ingénieurs ou managers (travail en équipe, gestion de projet, gestion financière, technique...).C’est une des raisons de l’attraction de nos écoles. Même si le niveau de l’école, la qualité des cours dispensés, les débouchées professionnelles et le salaire de sortie sont des critères importants dans le choix d’intégration des élèves de prépa, la qualité de la vie de campus explique en partie le succès de TEM et TSP.
Or, depuis quelques temps, la direction souhaite réduire drastiquement la vie associative du campus. Elle a décidé qu’elle ne validerait pas, comme cela a toujours été fait, les calendriers des soirées en début d’année, dans le cadre de discussions avec le BDE. A présent, les soirées sont uniquement validées au cas par cas par les écoles de sorte qu’à chaque fois qu’il s’agira d’organiser un événement, les responsables associatifs seront dans l’incertitude quant à l’autorisation ou l’interdiction de l’événement ; cela augmentera également les formalités administratives pour les associatifs, ce qui compliquera grandement leur travail.
De plus, l’administration a toujours fait part de son envie d’aller vers un campus sans alcool, décision qui, en plus d’être liberticide, serait contreproductive dans la lutte nécessaire et légitime contre les abus et les dangers relatifs à l’alcool. En effet, les étudiants les plus fragiles et les plus susceptibles d’abuser de l’alcool et de mettre en danger leur scolarité –et l’expérience en la matière nous le prouve- se reporteront sur des apéros et bueront dans leur chambre MAISEL ; et là, les conséquences risquent d’être plus graves, vu que les cocktails ne sont pas dosés, que la consommation de verres n’est pas limitée et qu’il n’y a alors souvent pas toujours d’étudiants présents qui soient sensibilisés et formés en cas de dérapage.
Enfin, la direction souhaiterait réduire la campagne BDE, l’événement associatif le plus important de l’année, et supprimer la campagne ASINT, au motif d’un grand nombre de redoublements d’étudiants engagés dans des listes BDE ou ASINT (en l’occurrence, l’ASINT est plus visée que le BDE).
Nous réfutons l’argumentation de l’administration, pour justifier l’affaiblissement de la campagne ASINT, que cette dernière entraine le redoublement de nombreux étudiants. De fait, les 2 soirées de la campagne ASINT doivent être rétablies. Par exemple, pour TSP en 1A, l’année dernière, il y a eu 15 redoublements. Sur les 15 redoublements 9 ont une cause extérieure à la vie de campus (problèmes financiers…). Pour les autres redoublants, la trop forte implication dans au sein du campus les a détournés de leurs cours certes, mais il ne s’agit pas pour les 6 de la campagne ASINT. Par ailleurs, d’autres causes ont put intervenir.
Au final, moins de 1.5% de la promotion a redoublé en partie à cause de la campagne ASINT. Va-t-on significativement changer la politique du campus pour 1.5% de la promotion alors que des solutions personnalisées pourraient être apportées pour traiter le cas de ces étudiants. Par ailleurs, nombre de redoublements s’expliquent plus par l’injustice du CE. Ci-dessous un rappel des statistiques des redoublements avec un TOP 5 des plus grandes injustices pour les 2A ingés, qui avaient été communiqués lors du bilan du précédent mandat.
Il est toutefois vrai qu’un excès dans l’implication de la vie de campus (trop forte participations aux soirées, aux associations…) comporte certains risques en termes d’alcoolémie et de baisse des performances scolaires (et dans les cas les plus extrêmes, assez rares, il s’ensuit un redoublement). Nous tenons donc à rappeler que nos écoles ne sont pas les seules à rencontrer ces difficultés-ci qui sont caractéristiques aux grandes écoles (brutalité de la prépa, relâchement après l’intégration…) et que le problème de l’alcoolisme chez les jeunes, auxquels nous sommes très sensibles, est un problème de société très complexe qui ne peut, pour ce qui concerne les étudiants de TMPS, être réglé par les solutions simplistes de l’administration. Dès lors, il n’y a pas de reproche de laxisme particulier à faire quant à la gestion par les associations de la vie du campus.
Que faire alors : entre brider la vie associative, mettre en place un système de prohibition de l’alcool sur le campus (qui ne ferait que déplacer le problème car les étudiants pourraient consommer dans leur chambre, en dehors de tout contrôle avec un accroissement des risques) et laisser la situation telle quelle, il y a un juste milieu : le travail sur le terrain, la prévention, la collaboration sur ce sujet entre l’ADM, les associatifs et les élus étudiants (CA et CE).
2) REDOUBLEMENTS, EXCLUSIONS, INJUSTICES : LES INJUSTICES DU COMITE DE L’ENSEIGNEMENT.
Les redoublements et les « fin de scolarité sans diplôme.
Les règles de passage en année supérieure établies par le Comité de l’Enseignement peuvent au premier abord paraître bonnes pour la qualité de notre diplôme (par exemple, pas plus de 3 passifs en 1ère année et pas un seul passif dans le tronc commun pour le passage en 3ème année). Certes, pour que notre diplôme soit reconnu tant par la Conférence des Titres d’Ingénieurs, que par les organismes chargés d’évaluer nos écoles que par les entreprises, nos écoles doivent s’assurer de la qualité du niveau des élèves qu’elles diplôment.
Toutefois, leur système de validation de l’année mettant sur le même plan des modules de 50 Heures et d’autres de 9H sont incompréhensibles et il est fréquent de voir des étudiants redoubler pour ne pas avoir validé quelques matières qu’ils avaient laissé de côté car moins importantes et nécessitant peu de travail au profit de matières plus lourdes et plus complexes (ce qui est compréhensible surtout venant d’étudiants pris dans la vie associative indispensable au rayonnement de TMSP et à sa notoriété) et de redoubler une année avec quasiment rien à faire. Pour beaucoup de redoublements, on peut s’estimer qu’il s’agit bien plus d’une année perdue que d’une année profitable à l’étudiant d’un point de vue scolaire.
Résultat : on peut très bien redoubler sa 1ère année pour avoir à refaire des matières qui ne nécessiteront pas plus de 80H de travail dans l’année, ce qui revient à environ 3heures de travail par semaine en moyenne. Pour les 2A ingénieurs, c’est encore pire, on peut redoubler pour une seule matière et là on peut parler pour de nombreux cas de redoublement injuste et inutile.
Un redoublement peut avoir des conséquences désastreuses : démotivation totale et pour les élèves en difficultés financières, nécessité de repayer les frais d’inscriptions et perte de la bourse avec aggravation de la condition sociale et mise en danger réelle et sérieuse de la poursuite des études pour des raisons purement financières.
Point d’action pour le prochain mandat : Nous allons demander à ce que soit étudié un alignement du règlement de scolarité sur celui de Télécom Bretagne pour certains points. En effet, à Télécom Bretagne, le Comité d’Enseignement est moins rigide sur les redoublements, sans pour autant que la qualité du diplôme et de la formation soit menacée.
Sur le Conseil de discipline : Les délégués de l’UNEF ont siégé lors des conseils de discipline et ont obtenu que des décisions mesurées et non-disproportionnées soient prises par la direction.
3) LES PROJETS DE L’ECOLE
La fusion Mines-Télécom
L’Institut Télécom est un établissement public à caractère administratif regroupant quatre écoles, dont Télécom SudParis et Télécom École de Management. Depuis l’an dernier, son rapprochement semble se préciser avec les six écoles du Groupe des Écoles des Mines. La fusion des deux groupes a été décidée en haut lieux, par la Ministre Christine Lagarde en question.
Cette nouvelle synergie sera l’occasion de créer des partenariats au sein d’un grand établissement unifié, tout en conservant les particularités de chaque école membre. Ce que l’on appellera peut-être l’Institut Mines-Télécom devra se mettre en place au plus tard début 2012, selon le souhait du Ministère de l’Économie.
Il s’agit là d’un véritable défi, car ces deux groupes ont chacun leur culture, leur évolution historique propre, et de nombreux partenariats. Ce sont justement ces partenariats avec le monde de la recherche et de l’entreprise que cette fusion doit faciliter, et les personnels ont déjà signalé qu’ils seront attentifs à ce que le rapprochement soit un réel apport pour la recherche et l’enseignement. Pour les étudiants, des opportunités de parcours plus riches et diversifiés s’annoncent si la fusion est à la hauteur de ses promesses.
Les études de faisabilité et la consultation des différents personnels se font dans des délais très courts par rapport à l’ampleur du travail. On a pu constater que les Mines de Paris sont, pour des raisons de corporatisme et de mépris bien affiché envers certaines écoles, peu enclins à une telle fusion. Pour eux pas question de se mélanger avec ce qu’ils peuvent considérer à tort comme des écoles de seconde zone. Belle mentalité ! espérons qu’à l’avenir, les responsables des Mines de Paris sauront faire preuve de plus d’intelligence et verront tout le potentiel du projet.
Enfin, ceci pose la question de la visibilité et des noms, qui a été soulevée dans toutes les écoles mais qui nous frappe particulièrement à Évry. En effet, il y a deux ans seulement nous avons abandonné deux noms, deux marques qui étaient reconnues par les entreprises. À ces entreprises il a fallu faire accepter les noms actuels grâce à un important travail de communication. Mais tout ce travail sera à reprendre quand nous fusionnerons avec les écoles des Mines au sein d’un grand institut. Il semblerait que les six écoles des Mines seront rattachées à l’Institut Télécom, qui changera alors de nom : prenons garde à ce que les écoles conservent leurs noms actuels et ne voient pas leurs identités à nouveau bouleversées ! Les publications des enseignants-chercheurs ont déjà été coupées en deux par le précédent changement de noms, et n’ont pas besoin qu’on brouille les pistes à nouveau.
Les enseignants se considèrent actuellement en sous-effectif, et un recrutement sera nécessaire pour supporter une fusion. Il ne faudrait surtout pas que les subventions des différentes collectivités soient diminuées de façon irréfléchie : la recherche et les enseignements ne pourront pas être mutualisés automatiquement.
Le nouveau grand institut sera donc avant tout une politique de marque commune et une stratégie nouvelle pour toutes les écoles participantes. Les véritables avancées pour les personnels et les étudiants dépendront ensuite de la concertation avec ceux-ci, qui sont les plus à même de trouver des idées pour l’avenir de nos écoles.
Le projet Saclay
Télécom SudParis participe au projet de campus commun à Saclay, une initiative destinée à développer le Grand Paris. Des écoles telles que Polytechnique, Centrale, Supélec, HEC, ENS Cachan, et Télécom ParisTech formeront avec Télécom SudParis un centre d’enseignement et de recherche.
À Saclay, des locaux seront dédiés à nos voies d’approfondissement de troisième année sur le campus de l’École Polytechnique. Cette synergie entre Grandes Écoles doit profiter à chacune pour améliorer leurs formations tout en assurant leur rayonnement.
L’avenir de ce que sera Télécom SudParis à l’horizon 2014 dépend en partie de ce projet. Les représentants des étudiants de l’ensemble des écoles concernées cherchent à garantir de bonnes conditions de vie aux étudiants du plateau de Saclay, en particulier en ce qui concerne leur hébergement, la restauration et les moyens de transport à leur disposition. On pourrait même imaginer qu’un campus éco-responsable serait parfaitement dans la logique du projet.
Si les écoles jouent le jeu de la synergie et ne cherchent pas à se faire concurrence, le pôle de Saclay promet de devenir un symbole d’excellence qui profitera à tous ses membres. Les thèmes d’étude ont déjà été définis pour chaque campus, afin que chacun soit une pièce du puzzle dans cette stratégie commune.
Les projets de TEM
Télécom École de Management ouvrira à la rentrée 2011 une filière Bachelor. Son effectif sera d’abord réduit, pour atteindre des promotions de 100 étudiants deux ans plus tard.
Il s’agit d’une formation à admission post bac, de qualité au moins équivalente à l’offre actuellement disponible au niveau régional. Cette formation durera trois ans et comportera suffisamment d’éléments professionnalisants pour permettre aux diplômés de s’insérer facilement dans la vie active ou de postuler dans un Master Grande École.
Cette nouvelle filière demandera d’embaucher d’autres enseignants. Le personnel s’inquiète des répercussions sur l’image de l’école et souhaite que le niveau requis à l’entrée soit à la hauteur de la qualité de la formation. De même, le problème des accréditations en cours a été évoqué, et des représentants du personnel ont proposé de repousser l’ouverture de cette filière.
Néanmoins, les élus étudiants se sont positionnés globalement en faveur de ce projet. En effet, l’ouverture de ce Bachelor permettrait une diversité de profils et une diversité sociale plus importante : malgré des frais d’inscription comparables à ceux que payent les étudiants managers, cela permettrait l’accès l’école à d’étudiants de milieux défavorisés et moins nclins à intégrer des classes prépa, à l’entrée desquelles la discrimination sociale fait rage. En acceptant d’autres compétences, l’école augmente son offre de formation en la maintenant à un bon niveau.
Le projet IT eMBA constituerait une formation d’un an pour des ingénieurs qui ont une expérience professionnelle de cinq à dix ans, en groupe très restreint. Ceci permet à un ingénieur de faire évoluer sa carrière vers des postes de management en donnant à sa formation les compléments requis.
Les seules formations concurrentes sont à l’heure actuelle hors d’Europe, principalement aux États-Unis. En s’appuyant sur la qualité reconnue de la formation et sur la communauté des anciens élèves, cette nouvelle filière a pour ambition de placer TEM parmi les plus grandes écoles de commerce, tout en améliorant sa renommée dans son positionnement actuel.
En démarrant dès cette nouvelle année scolaire, ce programme serait donc une chance d’améliorer la visibilité et la reconnaissance de Télécom École de Management parmi les écoles supérieures de commerce.
Le double diplôme TEM/TSP est prévu pour permettre aux étudiants des deux écoles d’être deux fois diplômés en quatre ans d’études. La nouveauté par rapport à la plupart des doubles diplômes de ce genre est la possibilité pour les étudiants managers d’être diplômés d’une grande école d’ingénieurs, grâce à des cours renforcés dans les matières scientifiques et techniques.
Pour l’instant, la filière n’est ouverte qu’aux managers issus de prépas scientifiques, mais il a été suggéré d’étendre le dispositif aux anciens de khâgne. Pour les ingénieurs, cette possibilité demande des obligations plus strictes en matière de cursus international, et les compétences du management leur seront apportées.
Le double diplôme est mis en place dès cette année pour les primo-entrants. Il s’agit à la fois d’une nouvelle synergie entre nos deux écoles, et d’une opportunité pour ingénieurs et managers.
4) TMSP et le RITS : un couple voué à la rupture ?
CHANGER UNE EQUIPE QUI GAGNE
Jusqu'à présent, les étudiants de nos deux écoles ont leurs habitudes au Restaurant de l'Institut Télécom SudParis (mais si, le bon vieux RITS). Une cantine où des repas corrects sont servis à des prix abordables pour tous, grâce aux subventions annuelles de l'Institut Télécom (500 000 €), de même que dans n'importe quel restaurant universitaire financé par l'Etat. Un espace géré par une association à but non lucratif, et qui permet à son personnel de travailler dans de bonnes conditions.
Tout pourrait aller pour le mieux... Si l'ADM ne songeait pas à dégrader cette situation. Du fait de l'augmentation du nombre d'étudiants à recruter, elle envisage de transformer la médiathèque actuelle en salles de cours... Et de la transférer dans les locaux actuels du RITS, tout en supprimant cette association. Une répudiation injustifiée pour une compagne prétendument trop coûteuse (car il ne fait jamais de mal d'économiser sur les postes de dépense les plus nécessaires, comme nous l'a appris notre classe politique depuis de nombreux mois).
Mais alors, comment sera prise en charge la restauration sur notre campus ? La tâche risque tout simplement d'être confiée à... Sodexo. Oui, vous avez bien lu. La multinationale qui prend en charge la restauration collective dans les écoles primaires, prisons, hôpitaux, pour nous refourguer de la nourriture tout sauf saine, équilibrée et abordable. Seul obstacle pour le moment : l'industriel semble hésiter à conclure avec TMSP car il ne veut pas prendre en charge les coûts liés à la construction du nouveau restaurant collectif. Or, notre administration souhaite également économiser sur ces travaux. Mais malgré cette divergence de point de vue, les deux parties sont intéressées… Sodexo gagnerait un nouveau client, et l'Institut Telecom réalise une économie substantielle grâce à cette externalisation.
DES GAGNANTS... ET DES PERDANTS
Naturellement, un tel projet se ferait au détriment des étudiants et – dans une moindre mesure – du personnel du campus. Seriez-vous prêts à payer plus cher pour des repas de moins bonne qualité ? Probablement pas !!! Or en l'absence de subventions publiques, les étudiants paieront leurs repas entièrement de leur poche. Sachant que le vrai prix d'un repas du RITS est d'environ 8 €, il faudrait compter sur une augmentation du budget pour se nourrir (à supposer que les tarifs Sodexo soient équivalents). Les résultats de l'enquête sur les conditions sociales des étudiants indiquaient que nombre d'entre eux n'ont pas les moyens de bénéficier d'une alimentation suffisante, saine et équilibrée : imaginez les conséquences sur vos finances....
Plus grave : pour optimiser ses bénéfices, l'industriel envisage de servir des repas de qualité très inégale : les plus sains seraient réservés au personnel de la direction (et ce, sans file d'attente), tandis que les étudiants ne pourraient prétendre qu'au pire de ce que peuvent servir les restaurants collectifs. Quant aux professeurs, leur pouvoir d'achat risque également d'être impacté pour des repas de qualité intermédiaire. Ou comment générer des inégalités nutritionnelles au nom du dieu Profits.
Autre problème préoccupant : le devenir des employés actuels du RITS. Les effectifs actuels ne suffisent pas à absorber la saturation due à l'augmentation du nombre d'étudiants et voient déjà leurs conditions de travail se dégrader. Qu'adviendra-il si Sodexo conclut un contrat avec notre administration ? Baisse des salaires, licenciements, travail en sous-effectif permanent : rien qui puisse améliorer le fonctionnement de notre service de restauration, bien au contraire. Ne les oublions pas.
Ce divorce était initialement envisagé dans le plus grand secret : les informations ne nous parviennent que petit à petit. La nouvelle sera-t-elle rendue publique trop tard, sans contestation possible ?
5) SOCIAL
5-1) Une enquête sur les conditions sociales des étudiants de notre campus.
Une enquête sur les conditions sociales des étudiants a été organisée l’été dernier et 375 étudiants y ont répondu. On en conclut à une situation de précarité pour nombre de nos camarades. Les chiffres sont frappants :
- Environ 30% des étudiants indiquent que leur situation financière a un impact négatif sur leur scolarité et qu'environ
- Environ 40% des étudiants estiment ne pas disposer d’une somme suffisante pour couvrir leurs dépenses.
- 1 étudiant sur 5 affirme que sa situation ne lui permet pas de bénéficier d’une alimentation saine, équilibrée et suffisante
Une telle situation s’explique par des frais d’inscription trop élevés et des bourses insuffisantes.
5-2) LES BOURSES : ce que nous avons obtenu et les insuffisances.
Le 15 avril dernier, le CA de l’Institut Télécom a voté une augmentation des bourses et a élargi les critères d’attribution. Ce qui prouve encore une fois qu’alerter comme nous le faisons la direction de l’institut sur les difficultés criantes de beaucoup de nos camarades n’est pas peine perdue.
Voici les principales lignes de la décision prise se moi-ci et qui s’appliquera à la rentrée 2010-2011.
Pour ce qui est du contenu des bourses, il augmente de 2% pour chaque pallier (ce qui fait passer de 4058 à 4139 euros le montant des bourses pour les boursiers du premier échelon, et c’est toujours ça de gagné).
Pour ce qui est du critère d’attribution des bourses :
• augmentation de 2 % des quotients familiaux déterminant les différents paliers
• retrait des allocations familiales du calcul du quotient familial et élargissement de 2% des paliers de bourses.
Ces points sont assez techniques mais ont des répercutions lourdes sur la vie de certains étudiants. Alors, voici quelques petites explications :
- le quotient familial (QF) est un indicateur du revenu des parents de l’étudiant (ou de ceux qui l’ont à sa charge) ; plus il est faible, plus l’étudiant est en difficulté et plus sa bourse sera élevée ; après le CA, il n’inclut plus les allocations familiales, ce qui a pour effet de le diminuer pour certains étudiants, et leur donner accès à davantage d’aide.
Toutefois, malgré cette amélioration que nous saluons, nous tenons à rappeler qu’elle est insuffisante.
Etre enfant de Smicards à TEM et TSP : un parcours du combattant!
Un étudiant, sans frère ni sœur dans l’enseignement supérieur, dont les deux parents touchent le SMIC et travaillent à temps plein, à savoir 1343,8 euros bruts mensuels aura un QF de : 1343.8*2*12/(2.5*100)= 129.
Ainsi, il ne touchera aucune bourse et devra même s’acquitter des frais d’inscription de 1122 euros s’il est à TSP et 2522 euros s’il est TEM. Ce qui fait respectivement, réparti sur les 10 mois de l’année scolaire, 112 et 252 euros par mois en frais de scolarité.
S’il prend une chambre à la MAISEL (une chambre de 15m²), il en aura, APL déduites, pour 252 euros. Ajoutons à cela le coût de la sécurité sociale étudiante (198 euros répartis sur l’année) et son budget nourriture (250 euros au moins pour 3 repas équilibrés par jour), il en aurait, s’il est étudiant à TEM, pour 774 euros par mois. Bien sûr sans compter les frais annexes (transports, médicaments, fourniture scolaire), il en a pour au moins 800 euros par mois.
En sachant que ses parents touchent 1055 euros net par mois, son budget représentera environ 40% des ressources de ses parents, à qui il resterait alors. En tenant compte des allocations familiales qu’ils touchent s’ils déclarent cet enfant à leur charge (45 euros mensuels), il leur resterait très peu pour payer leur loyer, manger, payer leurs transports (de plus en plus cher avec le prix de l’essence en hausse)…
Pour TSP, ce n’est pas mieux. Un couple de Smicards ayant deux enfants dans l’enseignement supérieur (donc il leur faut financer les études), leur enfant qui veut intégrer l’école d’ingénieur ne sera pas exonéré de frais d’inscription.
C’est alors le parcours du combattant, si l’étudiant veut et a les moyens d’intégrer une de nos deux écoles, il devra travailler, parfois 15 heures par semaine en ayant du mal à boucler ses fins de mois… Pour les étudiants étrangers, c’est encore pire, ils n’ont théoriquement pas droit aux aides sociales. Ils ne peuvent que, dans des cas spécifiques et particuliers, avoir droit à des aides exceptionnelles.
Notons que les critères d’attribution des bourses sont bien inférieur à ceux dispensés généralement dans l’enseignement supérieur pas le CROUS: nombreux sont les étudiants de TMSP à ne pas toucher de bourses mais qui en toucheraient dans un autre établissement publique d’enseignement supérieur. Vous pouvez aller sur le site du CROUS et faire le calcul simple et rapide pour savoir si vous faites partis de ces étudiants.
5-3) L’UNEF obtient le maintien des APL et de la demi-part fiscale : une victoire pour les étudiants.
Juste avant les vacances d’été, le gouvernement annonçait la suppression, pour les étudiants et leur famille, du cumul de la demi-part fiscale et des APL. Elle augurait d’une dégradation sans précédent des conditions de vie et de logement pour près de 550 000 étudiants, en particulier ceux issus de la classe moyenne, qui auraient perdus entre 40 et 180 euros par mois à partir de 2011. L’UNEF remercie les 43 000 étudiants et citoyens qui ont signés la pétition lancée en juillet (en ligne sur le site generationsacrifiee.com). Le front de condamnation unanime ‘étudiants, familles, parlementaires) a finit par faire renoncer le gouvernement. Il s’agit d’un recul très net du gouvernement sous la pression des étudiants mobilisés depuis plusieurs semaines contre cette mesure injuste
Ce recul en rase campagne de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement est une victoire pour les étudiants et l’UNEF. Il démontre que malgré les difficultés, l’action collective finit par payer et qu’elle est source de toutes les victoires.
Ce recul du gouvernement n’est pas sans rappeler les échecs successifs de François Fillon en 1994, de Luc Ferry en 2004 et de Christine Boutin en 2008 sur de précédentes tentatives de baisser des aides au logement étudiant. Une nouvelle fois, les étudiants ont su s’organiser et défendre leurs droits.
L’UNEF reste vigilante et mobilisée jusqu’à la fin du débat budgétaire afin que ce renoncement du gouvernement se traduise dans le budget pour 2011.
5-4) Frais d’inscription
Si vous étiez né un an plus tard, pourriez-vous étudier à TEM ?
C’est la question que l’on peut légitimement se poser pour nombre d’entre vous vu qu’à la rentrée prochaine les frais d’inscription vont passer de 2500 à 5000 euros. D’où cette interrogation : si au lieu de rentrer dans cette école aujourd’hui, vous deviez l’intégrer en septembre 2011, seriez-vous en mesure de régler vos frais d’inscription, condition sine qua non pour que vous obteniez le statut d’étudient de Télécom Ecole de Management. Il est révoltant d’imaginer que certains de nos camarades ne seraient pas parmi nous si les frais de scolarité étaient déjà à 5000 euors !
On voit bien que la direction a du mal à justifier une telle décision anti-sociale et la politique alors appliquée suscite une indignation générale. Et ce par tous les acteurs de l’établissement des étudiants aux membres du personnel et aux enseignants-chercheurs. Tous ont votre contre au sein des instances. La direction de TEM et de l’Institut sont bien isolés sur ce sujet. Isolés mais en position de force.
D’ailleurs, à chaque fois que les dirigeants de l’Institut sont interpellés à ce sujet, on sent tout de suite beaucoup de gêne dans leur réponse, beaucoup d’hésitations. Quand on leur explique que les critères d’exonérations sont trop restrictifs et que des enfants de smicards seront amenés à payer 5000 euros par an (comprenez plutôt à ne pas pouvoir faire partis de nos rangs), ils ne savent que répondre de cohérent, ils expliquent que la situation est délicate et qu’ils aimeraient faire plus. On a du mal à les croire quand on sait que le passage de 1500 à 5000 euros des doits de scolarité, rapportera, à partir 2013 – puisque les promotions 2010 et 2011 « ne payent que » 2500- l’équivalant de moins de 1.5% du budget général de l’Institut : une goutte d’eau quand on sait que ce même budget peut varier d’entre 1 et 2% d’une année sur l’autre. Une goutte d’eau quand on sait que si les financements des écoles étaient alloués équitablement entre toutes les écoles de l’Institut, c'est-à-dire si l’essentiel de l’argent n’allait pas dans les caisses de Télécom Paris et Brest, au prétexte évidemment faux que nous écoles sont de seconde one, alors une telle augmentation aurait été inutile ; nous aurions les budgets suffisants pour financer les projets de TEM sans ponctionner davantage les étudiants.
Il est en effet évident que frais d’inscription rime avec discrimination sociale et précarisation des étudiants, tous deux condamnables. La direction peut se justifier, en vain, de ce qu’une partie des frais d’inscription sera redistribuée sous forme de bourses, il n’en reste pas moins que l’année dernière, les frais d’inscription ont augmenté 3 fois plus que le montant globale des aides sociales accordées par l’école. L’argument d’une direction jouant aux robins des bois selon lequel « les étudiants riches, via les frais d’inscription, contribuent à payer les bourses des étudiants pauvres » vole en éclat lors d’un examen approfondi des critères d’attributions et montants des bourses. Nous avons fait cet examen minutieux. En réalité, on demande non seulement à des enfants de foyers aisés mais aussi des enfants issus des classes moyennes, à des enfants de smicards, à des de payer des aides à destination des enfants de chômeurs. On demande à des pauvres de payer pour des très pauvres : triste conception du social.
Enfin, il faut bien noter que les montants des aides et les critères d’attribution de ces dernières sont bien en-deçà que dans les autres établissements d’enseignement supérieur. Pour quel motif ? Aucun, si ce n’est qu’on dépend du ministère de l’économie et non pas du ministère de l’enseignement supérieur. Sophisme grotesque. D’autant que le coût de la vie est plus cher chez nous que dans la plupart des autres établissements (prix des chambres MAISEL, prix des repas, nécessité de partir à l’étranger pour avoir son diplôme…)
A quand une vraie politique sociale ?
6) MAISEL.
Vous avez été surpris par les articles précédents. Vous le serez encore plus par la suite car les frais d’inscription ne sont pas seuls à augmenter. Les frais pour les étudiants vont aussi augmenter à la MAISEL. Et voici les détails :
- cotisation d’adhésion qui passe de 25 à 150 euros annuels
- fin de la gratuité des laveries : 3 euros le lavage, cela fait environ 100 euros par an de plus pour les étudiants
- en moyenne 10 euros de plus par mois pour les loyers
Au total : les frais pour les étudiants vont augmenter d’environ 365 euros pour l’année scolaire ! Le pire dans tout cela, c’est que la direction de la MAISEL et la direction générale de TMSP ont choisi la période précédent tout juste vacances, histoire que cette décision n’engendre pas de conflit social avec les étudiants.
Les loyers déjà trop chers :
Les loyers avoisinent en moyenne les 350 Euros par mois. Ce qui est bien plus élevé que les loyers des logements étudiants en général, surtout des logements CROUS, qui sont quant à eux beaucoup plus accessibles. De fait, les loyers de la Maisel sont au-dessus du prix réel d'entretien et des charges étant donné que l'Institut Télécom récupère de la Maisel environ 200 000 euros par an.
Or, il s'agit là de frais d'inscription indirects, les loyers servent alors en partie à financer l'Institut Télécom, qui ne reverse à nos écoles qu'une faible partie de cette somme, le reste allant à TELECOM Paris et Brest !
Les conséquences pour les étudiants sont là : difficulté à payer leurs redevances, obligation de se salarier et de facto mise en danger de leur scolarité. Ces difficultés-là ne vont qu'empirer avec ces nouveaux frais qui vont s'ajouter, et ce en particulier pour les étudiants étrangers, qui n'ont pas droit aux aides sociales et qui sont livrés à eux-mêmes pour suivre leur scolarité dans de bonnes conditions.
Nous souhaitons une réelle politique sociale à destination des étudiants dans le besoin - rappelons que l'école se veut d'accueillir un très grand nombre d'étudiants bousiers - qui peuvent prendre diverses formes comme celle de réductions de loyers pour ces derniers. Aussi, nous attendons une réelle cohérence entre la politique sociale que se targue de suivre l'école et les politiques menées par la direction de la Maisel qui en dépend partiellement.
Pour ce faire, les écoles et l'Institut Télécom, malgré ce qu'ils peuvent prétendre, ont une marge de manœuvre importante. Une prise de conscience de leur part est nécessaire.
Pour plus de détails sur nos désaccords avec la MAISEL, voir notre ancien article.
http://elusetudiantstmsp.blogspot.com/2009/12/appel-un-changement-de-politique-de-la.html
En conséquence, les élus de l’UNEF auront aussi à cœur de défendre les intérêts des adhérant de la MAISEL auprès de la direction des écoles et de l’Institut Télécom. Nous maintiendrons la pression pour une vraie politique sociale à la MAISEL.