samedi 21 avril 2012

Vendredi 4 mai: journée d'action contre la politique de la direction

Nous avons rencontré, le 19 mars dernier, les directeurs des écoles et nous leur avons officiellement remis les pétitions contre la hausse des frais d'inscription de TEM (5000 € à la rentrée prochaine) et du prix à la cantine (4€ le repas contre 3.05€ au CROUS). 

Dans un contexte où, sur notre campus, 1 étudiant sur 5 a des problèmes pour se nourrir et 30% d'entre nous voient leur réussite scolaire mise en danger par leur précarité sociale les obligeant à se salarier pendant leurs études, ces décisions sont inacceptables. 
Suite au refus de l'administration de considérer la situation et de réfléchir à une solution durable, qui garantit, notamment au niveau du RITS, les mêmes conditions de restauration pour nous, étudiants du campus d'Evry, que pour les étudiants des autres écoles de l'institut Mines-Télécom, ou les autres établissements d'enseignement supérieur :

Nous avons décidé d'organiser le Vendredi 4 Mai une journée d'action contre cette situation.

A cette occasion, nous appelons les étudiants à ne pas se rendre au restaurant scolaire ce jour-là, par solidarité vis à vis de ceux d'entre nous qui n'ont plus les moyens d'y manger suite à la récente hausse des prix (estimés à une centaine d’étudiants le soir, d'après les chiffres de la direction du RITS).

Un pique-nique sera organisé au foyer de 12h à 13h.

Ensuite, jusqu'à 14h environ, les représentants des étudiants organisent une réunion publique au cours de laquelle  ils informeront les étudiants de l'état des discussions avec la direction. Il conviendra alors de décider collectivement des suites à donner au mouvement, que nous avons entamé il y a plusieurs mois, avec notamment nos mails d'information et les pétitions que vous avez été nombreux à signer.

Nous comptons sur votre présence à tous pour ce rassemblement convivial et festif, dont le but est d'obtenir des avancées sur des problèmes qui nous touchent au quotidien. 

Une partie des bénéfices sera reversée à l'association humanitaire INTervenir.

samedi 10 décembre 2011

TELECOM École de Management: le scandale des frais d'inscription


Le 24 novembre, le Conseil d' Administration de l'Institut Télécom a voté une hausse historique et considérable des frais de scolarité à l'entrée de l'école. Cette décision va à l'encontre des principes de l'école républicaine qui veulent que cette dernière soit accessible à tous quelque soit le milieu social d'origine. Cette nouvelle barrière sociale à l'entrée de TEM aura deux conséquences : l'impossibilité pour un certain nombre d'étudiants d'intégrer l'école pour des raisons financières et donc une discrimination sociale plus importante; la précarisation accrue des futurs étudiants, qui, ne serait-ce que pour payer leurs études, devront débourser au moins 500 € euros par mois.

Dans ce billet, nous dénonçons la méthode adoptée par l'administration afin de faire passer cette mesure (absence de concertation avec les représentants des étudiants), nous déconstruisons un à un les arguments utilisés par cette dernière pour justifier cette mesure inique et antisociale et dans un dernier temps nous pointons du doigt les conséquences de ce choix.


Refus du dialogue social

La direction, après avoir renoncé à passer les frais de scolarité à 5000 € pour cette rentrée, a décidé de remettre ça pour la rentrée 2012. Cela s'est fait sans la moindre consultation des élus étudiants, qui ont appris, deux jours avant, qu'une décision en ce sens pourrait être soumise au prochain CA de l'Institut Télécom; pendant la session du CA, les élus ont appris en séance, au dernier moment, le montant exact des frais d'inscription. Pris par surprise, il leur a été ainsi impossible d'infléchir la politique de la direction de TEM. Il s'agit là d'un passage en force inacceptable, qui s'est opéré de manière totalement irrégulière, car le règlement intérieur du CA impose que les documents sur lesquels les administrateurs ont à se prononcer doivent être envoyés au maximum 10 jours avant la séance, avec l'ordre du jour, sauf « empêchement exceptionnel »- ce qui n'est nullement le cas ici.

Certes, des « bruits de couloirs » laissaient présager une mesure de ce type mais les élus étudiants se doivent de travailler avec la direction et intervenir en fonction d'informations officielles, qui ont été ici volontairement cachées. Or, l'administration était officiellement revenue sur la hausse prévue à 5000 € pour la rentrée 2011 et il n'avait été nullement dit que cela se ferait à la rentrée 2012. L'UNEF réfléchit donc à la possibilité d'un recours administratif tendant à l'annulation d'une délibération alors entachée d'une erreur de procédure.


Petit passage en revue des arguments de la direction

Pour faire passer une telle mesure, l'administration a usé d' arguments pour le moins contestables.

Argument n°1: Seuls les étudiants des promotions futures seront impactés

Cet argument a été utilisé lors de la rencontre qui a eu lieu il y a deux semaines entre la direction et les étudiants de TEM. C'est vrai, et le directeur de l'école a bien insisté dessus, les étudiants actuels de l'école ne verront pas leurs frais de scolarité augmenter. L'administration parie alors sur l'égoïsme des étudiants et espère donc que ces derniers ne se mobiliseront pas par solidarité pour le devenir de leur école, pour le maintien de sa relative accessibilité et pour les promotions futures. C'est mal nous connaître.

N'oublions pas que les étudiants de TEM subissent actuellement la première vague d'augmentation des frais d'inscription qui a vu ces derniers passer de 1100 à 2500 €. N'oublions pas non plus que les 1A ne payent pas les 5000€ initialement prévus, en partie grâce à l'action des représentants des élèves, qui, depuis 2008, s'opposent fermement à une telle mesure.

Si nous voulons être fiers de notre école et de ce que nous laissons aux futures générations d'étudiants, si nous voulons envoyer un signal positif à ceux qui ambitionnent d'intégrer TEM à la rentrée prochaine, nous devons nous mobiliser.


Argument n°2: TEM restera, de loin, l'école la moins chère des écoles de commerce

« Encore heureux » serait-on en droit de répondre. Si TEM est moins chère que les autres écoles, c'est parce qu'elle est publique et les autres privées. Cette comparaison n'a donc pas lieu d'être. Cela reviendrait alors, en suivant la logique jusqu'au bout, à rendre payantes les classes prépas, puis les lycées, les collèges, les écoles primaires publiques...au simple motif qu'il y a des établissements privés. Si des établissements scolaires sont publiques et donc financés par l'État, c'est pour une simple raison: il est nécessaire de garantir à chaque jeune et enfant de la République les mêmes chances de réussite et donc faire reposer le financement sur l'État et la solidarité nationale. Il revient alors à l'État de répartir équitablement la charge publique et non faire payer les étudiants.

Il est tout à fait normal et légitime que le société prenne en charge financièrement les études car c'est bien toute la société qui profitera des talents et des compétences des étudiants, une fois ceux-ci diplômés et entrés sur le marché du travail. Ces derniers travailleront et seront d'autant plus productifs qu'ils auront été bien formés; ils créeront des richesses, produiront des services et contribueront à leur tour au financement de l'État -et donc de l'éducation dont ils auront pu profiter. Trop souvent vus comme des bénéficiaires d'un servies, comme une charge pour la société, les étudiants sont au contraire l'avenir ce cette société qui les précarise.

L'argument de la direction de TEM et de l'Institut Télécom est simple et bien rodé: on ne fait qu'aligner les frais de scolarité de TEM sur ceux des autres grandes écoles de commerce. Et si on faisait pareil pour Télécom SudParis et on comparait ses frais d'inscription à ceux des autres grandes écoles d'ingénieur, en vue de les aligner, on constaterait la chose suivante: les frais d'études des écoles d'ingénieur sont bien en-deçà de ceux pratiqués à Télécom SudParis. Selon cette même logique, il conviendrait alors de diminuer les frais de scolarité de TSP. Le fait-on? Non, on les augmente d'année en année. L'argument est sans valeur car utilisé dans un sens unique, lorsqu'il s'agit de faire payer davantage les étudiants.


Argument n°3: TEM reste tout de même une école très sociale.

Il est vrai que TEM accueille une forte proportion de boursiers et, plus généralement, d'étudiants issus des milieux populaires, par rapport aux écoles de commerce privées. Il est pourtant évident que les écoles publiques se doivent d'être accessibles à tous; pourtant, ce qui relève ici de la normalité est présentée par la direction comme quelque chose d'exceptionnel.

Ce n'est qu'à cette rentrée que TEM et les autres écoles de l'Institut Télécom se sont mises à appliquer les mêmes critères de bourses que ceux pratiqués dans les autres établissements publiques d'enseignement supérieur (le critère CROUS). Cela signifie que pendant 30 ans, de la création de l'INT à cette rentrée, les étudiants de TEM et TSP avaient des bourses au rabais. Étrange conception du social.

Quant aux frais de scolarité, aujourd'hui à 2500€ et demain à 5000€, ils sont exorbitants comparés aux autres établissements d'enseignement supérieur, qui sont de 245€ pour les formations délivrant le grande de Master. Des frais de scolarité 10 fois supérieurs à la normale; et bientôt 20 fois supérieurs.

Du côté des prix dispensés au restaurant scolaire, on constate que le prix du repas des étudiants est de 3.53€ actuellement; d'après la direction du restaurant, il passera en janvier à 4€ environ et à termes à 4,50€. Dans les autres restaurants scolaires, le repas est à 3,05€. Une différence non-négligeable pour ceux qui ont du mal à boucler leurs fin de mois.

TEM n'est pas une école aussi "sociale" que la direction veut bien le faire croire.

Argument n°4: l'école a besoin d'argent

C'est encore vrai. L'école a besoin d'argent pour fonctionner (payer les salaires du personnel, entretenir et rénover les locaux, financer le restaurant scolaire...) et le projet d'augmentation des frais de scolarité a été justifié, en 2008 lorsqu'il a été proposé par la direction, par un besoin en ressources financières (pour, par exemple, mettre en place sur le campus une salle de marchés).

Or, il n'y a pas de lien entre le besoin en ressources d'une école et les frais de scolarité. Par exemple, lu budget de TSP est de 25,2 millions d'euros et celui de TEM de 16,5 millions. Ainsi, TSP dépense plus par étudiant que TEM mais les frais de scolarité à TSP sont moindres (1100 € contre 5000 € à la rentrée prochaine). Il n'y a donc aucune raison que TEM fasse payer une telle somme à ses étudiants ni que l'Institut Télécom ne subventionne pas TEM à hauteur de ce dont elle à besoin, de manière à empêcher la hausse des coûts pour les étudiants.

La question est donc banalement une question de financement et d'une équitable allocation des ressources à l'intérieur de l'Institut Télécom. Avec un budget conséquent, à savoir de 145 millions d'euros pour l'Institut, on peut affirmer que la variable d'ajustement pour le fonctionnement des écoles doit être la subvention alloués à ces dernières par l'Institut, et non pas les étudiants avec les frais d'études.


Argument n°5: l'école a obtenu une accréditation internationale

Oui, mais on ne voit pas le rapport! En quoi l'obtention d'une accréditation internationale devrait rendre une école plus chère pour ses étudiants et donc moins accessible?



Des conséquences graves pour les étudiants

Les conséquences sont évidentes:

1) Une discrimination sociale accrue à l'entrée de l'école.

Qu'il y ait un nombre conséquent de boursiers à TEM par rapport aux autres écoles de commerce n'est pas contradictoire avec le fait que des étudiants ne puissent intégrer TEM pour des raisons financières: notamment ceux issus des classes moyennes ou ceux qui ne sont "pas assez pauvres" pour être exonérés de frais d'inscription.

2) Une précarisation plus forte des étudiants.

Cela signifie que pour un étudiant en difficultés financières, il faudra sortir en moyenne 250€ de plus par mois, pour espérer conserver les mêmes conditions de vie et d'études déjà précaires. Pour un étudiant déjà salarié, cela signifie qu'il devra travailler 25 heures de plus par moi par rapport à la situation actuelle. Avec certaines situations paradoxales qui consistent pour des étudiants à travailler pendant leurs heures de cours, afin de payer les cours qu'ils sont en train de manquer du fait de leurs maigres ressources.


Tous ensemble pour s'opposer à la hausse des frais de scolarité, à TEM comme à TSP!

jeudi 3 novembre 2011

ELECTIONS ETUDIANTES LE 7 NOVEMBRE SUR LE CAMPUS


BILAN DE MANDAT
de l'UNEF pour l'année 2010-2011 !

Le 7 novembre, vous aurez à élire vos représentants dans les instances de notre campus et de l’Institut Télécom. C’est l’occasion de revenir sur tout ce que l’UNEF a fait et obtenu pour les étudiants, que ce soit au niveau local, sur le campus, ou au niveau national.


Des bourses plus élevées pour plus d’étudiants

Au niveau local :
Avant cette rentrée, l’Institut Télécom avait un système de bourses spécifique, bien en-deçà de celui du CROUS, ce qui générait une inégalité inacceptable entre nos écoles et le reste des établissements d’enseignement supérieur.

Régulièrement, les élus UNEF ont dénoncé, dans les instances de l’école et de l’Institut, un système de bourses au rabais qui menait à la précarisation de nombreux étudiants. Nous avions alors mené en collaboration avec l’association des diplômés T&MA, une enquête sur les conditions sociales des étudiants du campus.

Cela avait mis en lumière de graves difficultés :
·       30% des  étudiants indiquaient que leur situation financière avait un impact négatif  sur leur scolarité
·       1 étudiant sur 5 affirmait que sa  situation ne lui permettait pas de bénéficier d’une alimentation saine,  équilibrée et suffisante

C’est avec ces éléments que nous avons pu à nouveau alerter l’administration à ce sujet, avec cette fois-ci des éléments indiscutables.

Dès lors, l’alignement des bourses de l’Institut Télécom sur celui du CROUS est une victoire des étudiants et de l’UNEF : cela a permis à de nombreux étudiants de bénéficier de bourses alors qu’ils n’auraient rien touché avec l’ancien système ; les boursiers ont vu le montant de leurs aides augmenter.

Au niveau national :
L’UNEF a obtenu le versement d’un 10ème mois de bourse pour l’ensemble des étudiants boursiers   du CROUS. Cette victoire a été bénéfique également pour les boursiers de TEM et TSP grâce à l’alignement de notre système sur celui du CROUS.
 
Toutefois, les bourses n’étant pas versées mensuellement mais en 2 fois au cours de l’année, ceci ne prendra pas la forme d’un « 10ème mois de bourse » mais d’une augmentation de 1/9 du montant global alloué, ce qui revient au même.

Conscients que le système actuel de bourses ne permet pas aux étudiants de sortir de la précarité, l’UNEF a fait à la rentrée une campagne de sensibilisation consacrée à la précarité étudiants.

De plus, l’UNEF interpelle les autorités sur tout ce qui touche aux conditions de vie des étudiants : besoin en logements étudiants, accès de tous à une restauration de qualité, lutte contre les taxes sur les mutuelles étudiantes...


Opposition au passage des frais d’inscription à 5000 € pour managers

Passer les frais d’inscription de 2500 à 5000 euros environ pour TEM faisait partie des projets de l’administration. Cette augmentation, décidée en 2008 et qui devait prendre effet à la rentrée 2011, après la première augmentation survenue à la rentrée 2009 (passage de 1500 à 2500) n’a pas été mise en ouvre.

L’opposition sans concession des élus UNEF à cette mesure qui aurait accentué la précarisation des étudiants et qui aurait empêché certains d’entre nous d’intégrer TEM pour des raisons financières a porté ses fruits !

L’UNEF tient à rappeler son attachement à un service publique de l’éducation gratuit et accessible à tous !


Solidarité avec les étudiants étrangers

TEM et TSP comprennent 1/3 des étrangers et nous sommes tous fiers d’être sur un campus ouvert à toutes les nationalités et toutes les cultures. C’est pourquoi la situation de nos camarades étrangers nous préoccupe tous.

Au niveau local :

En mars dernier, les élus UNEF du campus ont mis en place un sondage à destination des étudiants étrangers relatif aux procédures d’obtention de titres de séjour. Cela a permis de mettre en lumière le traitement infligé à nos camarades par la Préfecture d’Evry : des mois d’attente avant d’être régularisés (certains d’entre nous sont sans-papiers et doivent craindre les contrôles de police), des heurs voire des journées entières d’attente devant la Préfecture. Ne pas avoir de titre de séjour signifie : ne pas pouvoir rentrer chez soi pendant les vacances, ne pas recevoir d’APL, ne pas pouvoir travailler pour payer ses études...Nous avons ainsi alerté la direction de TEM et TSP ainsi que de l’Institut Télécom sur cette situation.

Nous avons aussi organisé le mercredi 19 octobre une réunion publique de solidarité avec les étudiants étrangers au sujet de la Circulaire Guéant, datée du 31 mai, sur le thème « Ni français ni étrangers, tout étudiants, tous solidaires ». L’objectif était de dénoncer publiquement cette circulaire qui contraint les étudiants étrangers à retourner dans leur pays d’origine après leurs études, sans avoir la possibilité de travailler en France. La mobilisation pour le retrait de cette circulaire doit continuer !

Au niveau national :

L’UNEF dénonce régulièrement la situation des étudiants étrangers : privés de l’accès aux bourses et dans la précarité administrative à cause des procédures de régularisation.

L’UNEF a obtenu la création d’un titre de séjour pluriannuel pour les étudiants étrangers en cycle Master ou équivalent (dont les formation à TEM et TSP) qui couvre la totalité de la formation, ce qui évite d’avoir à renouveler le titre d’une année sur l’autre.

L’UNEF se bat pour le retrait de la Circulaire Guéant et se mobilisé avec d’autres associations étudiantes comme le collectif du 31 mai afin de faire reculer le gouvernement. Nous avons réuni le 24 octobre au siège national de l’UNEF l’ensemble des organisations étudiantes concernées afin de porter sur la place publique notre demande de retrait de la circulaire Guéant ainsi qu’une plateforme de revendications concernant les étudiants étrangers.

Comité d’Enseignement

Le Comité de l’Enseignement est l’instance du campus chargée de décider du passage en année supérieure ou du redoublement. Nous dénonçons depuis plusieurs années un règlement de scolarité, que ce soit pour TEM ou TSP, trop rigide et souvent injuste. Chaque année, des redoublements inutiles et des exclusions d’étudiants sont proposés par la direction de l’école et soumis au vote du CE.
Notre présence dans cette instance a eu pour premier objectif, de défendre des cas d’étudiants en difficulté et de porter leur parole aux autres membres. C’est ainsi qu’on a pu éviter à certains étudiants, qui ont rencontré des difficultés dans leur scolarité, des redoublements ou des exclusions, ou encore de garantir dans certains cas, une meilleure réorientation plutôt que d’être tout simplement invités à partir.
Nous dénonçons un règlement de scolarité qui fonde les redoublements non sur la moyenne générale et le poids relatif des matières mais sur un système de passifs. Par exemple, pour ce qui est des 2A ingénieurs, ce dernier va parfois jusqu’à faire redoubler des élèves avec 14 de moyenne et ayant validé plus de 95% de leurs modules. N'oublions que des étudiants exclus de l'école sans bénéficier d'une aide à la réorientation voient leur avenir compromis. Pour l'UNEF, un étudiants en difficulté doit être accompagné jusqu'au bout par son école et par l'équipe pédagogique.

Vie associative
Le dialogue autour de la vie associative a toujours été pris au sérieux par les représentants des étudiants. Cet espace de liberté qu’est la vie de campus constitue un enrichissement des étudiants qui ont besoin d’animations culturelles et festives en-dehors de leurs cours afin de garantir leur épanouissement personnel.
Par exemple, la tentative de la direction de réduire considérablement la campagne BDE l’année dernière a vu une implication directe des élus étudiants aux cotés du BDE de l’époque, ce qui a été payant pour préserver la forme de notre campagne BDE.
Nous sommes conscients que les directeurs ont besoin de garanties concernant la prévention sur notre campus et utilisent souvent cet argument quand ils traitent le sujet de la vie associative, c’est pourquoi nous ne manquerons pas de travailler aux cotés du BDE et des autres associations ou encore la LMDE, spécialiste dans le domaine de la santé des étudiants, et de proposer des mesures et solutions permettant de garantir la continuité de cette vie de campus tout en s’assurant que la prévention en fait partie. 


LE 7 NOVEMBRE, VOTE ET FAIS VOTER UNEF!

mardi 28 juin 2011

Titres de séjour : le traitement inacceptable des étudiants étrangers.

Sur notre campus, les étudiants étrangers rencontrent des difficultés administratives qui ont une incidence néfaste sur leurs études. Grâce aux résultats de notre sondage, nous avons pu comprendre en quoi les services de l’État portent une grande part de responsabilité dans cette question.


En mars dernier, nous vous avons envoyé par mail un sondage au sujet des difficultés que peuvent rencontrer les étudiants étrangers lors de leurs demandes de régularisation. Vous avez été près de 180 à nous répondre, ce qui montre l'intérêt que vous portez à cette question. Les résultats recueillis mettent en exergue votre exaspération quant au traitement que vous réservent l’administration française et ses services et sur les incidences que cela entraîne sur votre vie.

Des étudiants sans-papiers sur le campus

Au moment où nous avions envoyé le questionnaire, 25 % des étudiants étrangers sondés n’avaient pas de titre de séjour valable et, parmi eux, on compte 41 % d’étudiants n’ayant pas de récépissé de demande valable, c’est-à-dire des étudiants clairement dans la clandestinité. Quelques uns ont spontanément indiqué, alors que la question n’était pas clairement posée, qu’ils craignaient les contrôles de police. Et il y a de quoi : au vu de la politique réactionnaire que le gouvernement mène contre les sans-papiers, ces contrôles débouchent sur des reconduites à la frontière. À savoir des événements souvent humiliants, brutaux et traumatisants qui signifieraient pour un étudiant la fin de ses études en France.

Des difficultés au jour le jour

Les étudiants ont répondu que l’attente du titre de séjour a une incidence sur :

  • Le versement des aides au logement, pour 81% d’entre eux, ce qui implique une réduction de leur budget.

  • Les études (risque de redoublement ou d’exclusion de l’école) pour 54% d'entre eux: les étudiants ne peuvent alors pas suivre leur scolarité en toute sérénité.

  • La possibilité de quitter le territoire français pour 23% d’entre eux : il devient alors impossible de rendre visite à sa famille, ce qui peut affecter moralement l'étudiant ; il est également impossible dans ce cas d'effectuer un échange ou un stage à l'étranger et donc de valider l'obligation d'une expérience internationale.

  • La santé, en rendant difficile l’accès à la sécurité sociale étudiante ou à une mutuelle, pour 4% d’entre eux.

Seuls 10% d’étudiants affirment que cette attente n'a pas réellement eu d'incidence.

La préfecture d'Évry pointée du doigt

Parmi les étudiants qui ont déjà eu affaire à une autre préfecture pour le même service, 87% considèrent que l’autre préfecture rendait un service de meilleure qualité. Lorsque l’on demande aux étudiants de juger la qualité du service, près de 90% la trouvent « pas du tout satisfaisante» ou « pas satisfaisante ».

Le temps moyen de réception de la première réponse de la préfecture est de 2 mois. 23% des étudiants ont reçu cette première réponse après 3 mois et 7% n’avaient toujours rien reçu à la fin du mois de mars. Comme nous venons de le voir, une telle attente se répercute automatiquement sur la scolarité de l'étudiant et sur ses conditions de vie.

85% des étudiants ont dû se rendre sur place à la préfecture, ce qui implique une perte de temps. Le plus souvent, les étudiants ont alors dû manquer des cours. Les temps d’attente sont excessivement longs : 90% des étudiants qui ont fait le déplacement on attendu plus de deux heures ; certains ont passé jusqu'à plus de 10H sur place avant d'être reçus!

Les étudiants ne sont pas seuls à subir cette situation ; il s’agit bien de l’ensemble des étrangers qui ont des demandes à effectuer auprès de la préfecture qui subissent ces humiliations. Des enquêtes de journaux régionaux, tels que « Essonne Info », ont pointé du doigt le calvaire de centaines d’usagers, dont des étudiants, des femmes accompagnées de leurs enfants et des personnes âgées, obligés de dormir la nuit devant la préfecture afin d’avoir une chance d’être reçues. Ils arrivent même que certains attendent pour rien, les moyens mis en place par la préfecture étant insuffisant pour recevoir tout le monde. « L’attente interminable des résidents étrangers devant la Préfecture» : titre le journal dans un dossier spécial. La chaîne de télévision BFM-TV y a consacré un reportage et les images sont là pour attester du caractère scandaleux de la situation.

La dénonciation de la politique de la préfecture est sans appel. D'autant que c'est également la manière dont les personnes concernées sont reçues et leur cas est traité qui est remise en cause. Le site en ligne Rue89 a publié en mai dernier un article intitulé « L'humiliation ordinaire des étrangers à la préfecture d'Évry ».

L’école doit elle aussi se saisir de la question

Les difficultés des étudiants étrangers ne sont pas dues uniquement à la préfecture. Nos écoles, et en particulier le service Accords et Échanges Internationaux, portent une part importante de responsabilité selon les étudiants interrogés.

88 % des étudiants répondants indiquent avoir effectué la demande via leur école. Parmi eux, 61 % jugent l’apport de l’école « insuffisant » ou « très insuffisant ». 98 % de l’ensemble des étudiants ayant répondu à cette question pensent que « TEM et TSP devraient s’impliquer d’avantage pour simplifier la démarche aux étudiants étrangers ».

Parmi les réponses libres que nous avons reçues, les étudiants reprochent au service Accords et Échanges Internationaux l’indisponibilité de son personnel, présent au mieux deux heures par jour et deux heures par semaine et qui répond peu aux mails. Il a aussi été signalé que les écoles mettent parfois plus d’un mois à transférer les dossiers à la préfecture, ce qui aggrave les difficultés des étudiants étrangers.

L'UNEF, solidaire des étudiants étrangers

L'UNEF, organisation syndicale majoritaire au niveau national et également sur le campus de TEM et TSP revendique:

      1. La régularisation immédiate de tous les étudiants sans-papiers: il est humainement insoutenable que certains de nos camarades vivent dans les conditions qu'impose l'absence de situation régulière sur le territoire français. L'année dernière, l'UNEF a obtenu la régularisation de plus de 200 étudiants étrangers sur toute France et apporte chaque année une assistance syndicale et juridique aux personnes sous le coup d'un Ordre de Quitter le Territoire Français (OQTF). L'État porte la plus grande responsabilité dans la situation des étudiants étrangers, dans la mesure où ces difficultés découlent directement des réglementations qu'il émet ainsi que de sa politique du chiffre en matière de reconduites à la frontière. L'État français s'honorerait à traiter les étudiants étrangers aussi bien que les étudiants français le sont lors de leurs échanges dans des universités étrangères. C'est pourquoi il est nécessaire de porter également ces revendications au niveau national, comme l'a fait l'UNEF l'année dernière lors de sa campagne sur les étudiants étrangers et comme elle continue à le faire lors de ses dialogues avec le ministère de l'enseignement supérieur.

      2. La délivrance d'un titre de séjour pluriannuel pour tous les étudiants étrangers, avec une règle simple “une carte d'étudiant = une carte de séjour”. En effet, il est absurde que des étudiants soient d'une part autorisés à étudier en France par un établissement publique d'enseignement supérieur, lequel agit au nom de l'État français, et que d'autres part, ces étudiants n'aient pas automatiquement l'autorisation de séjourner sur le territoire. Si l'État autorise ces derniers à étudier en France, il doit les autoriser à plus forte raison à séjourner en France ! Le caractère pluriannuel du titre éviterait la nécessité de le renouveler chaque année et l'angoisse de l'étudiant de ne plus pouvoir étudier en France d'une année sur l'autre. Le principe d'un titre de séjour pluriannuel a été obtenu par l'UNEF mais ses modalités de mise en application n'ont pas encore été précisées; dès lors, nous attendons toujours que la mesure soit pleinement effective.

      3. Les mêmes droits sociaux pour les étudiants étrangers que pour les étudiants français. En permettant un égal accès aux systèmes de bourses, il sortirait nombre de nos camarades de la précarité sociale, qui s'ajoute à leur précarité administrative. Nous refusons l'argument classique selon lequel “l'État français ne devrait pas payer pour des étudiants étrangers”. Car il faut noter que leur présence sur nos écoles et universités constitue une richesse de part la mixité culturelle qu'elle implique. D'autre part, ces derniers contribuent alors au rayonnement de la culture française à l'étranger et bien souvent restent travailler en France plusieurs années après l'obtention de leur diplôme, contribuant ainsi à l'effort national. Par ailleurs, l'accueil d'étudiants étrangers dans les établissements scolaires fait partie intégrale de l'aide au développement. N'oublions pas non plus que les étudiants français, eux aussi, peuvent en retour profiter, chaque année, d'enseignements dispensés dans des universités étrangères.

L'occasion de faire un bilan complet sur la situation des étudiants étrangers

Au niveau de notre campus, nous demanderons prochainement à être reçu par la direction de l'école pour faire un point complet sur la situation des étudiants étrangers. Nous demanderons à l'administration d'étudier avec la préfecture la possibilité de faciliter l'obtention rapide et automatique de titres de séjours. La possibilité de traiter les dossiers et de les valider de manière groupée, tout en permettant à des étudiants qui le souhaiteraient de déposer leur demande de manière séparée, tout comme la pertinence d'avoir, à le préfecture, un référent pour l'INT qui centraliserait les demandes doivent être envisagées. Nous souhaitons de plus ouvrir des discussions sur l'allocation de bourses à destination des étudiants étrangers, autrement que dans le cadre stricte d'aides exceptionnelle, en vue d'aligner leurs droits sur ceux des étudiants français. Enfin, ce sera aussi le moment de faire le bilan sur l'accueil et l'intégration des étudiants étrangers.

Au même moment, nous prendrons contact avec la préfecture et avec la mairie et mettrons en place une campagne de sensibilisation.

Pour l'heure, nous restons à votre disposition en cas de besoin.